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Une approche innovante pourrait bloquer la COVID-19

biothechnologie 10 mai 2022

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Dans une étude des chercheurs ont étudié l’interaction entre les acides sialiques (AS), des sortes de résidus de sucre présents à la surface des cellules, et la protéine S du SARS-CoV-2 (en utilisant la microscopie à force atomique). Le but ? Comprendre son rôle dans le processus d’infection.

Une variante de ces sucres qui interagit avec la protéine S

Qu’ont découvert les chercheurs de l’UCLouvain ? Ils ont identifié une variante de ces sucres (9-O-acétylés) qui interagit plus fortement avec la protéine S que les autres sucres. En bref, ils ont trouvé le jeu de clés qui permet aux virus d’ouvrir la porte de la cellule.

Pourquoi un jeu de clés ? Le virus est composé d’une série de protéines en pointe avec un effet ventouse qui leur permet de se lier à la cellule et finalement d’y entrer. Plus le virus trouve de clés, meilleure est l’interaction avec la cellule et plus large est l’ouverture de la porte. D’où l’importance de découvrir comment le virus parvient à multiplier les clés d’entrée.

C’est là qu’intervient la deuxième découverte des chercheurs de l’UCLouvain : ils ont décidé de prendre le virus à son propre piège, en l’empêchant de se lier à sa cellule hôte. Comment ? En bloquant les points d’attache de la protéine S et en supprimant ainsi toute interaction avec la surface de la cellule.

L’interaction doit être forte

Comme si un cadenas avait été fixé à la serrure de la porte d’entrée de la cellule. L’une des conditions pour cela est que l’interaction entre le virus et l’agent qui le bloque soit plus forte que celle entre le virus et la cellule.

Dans ce cas précis, les scientifiques ont démontré que les structures multivalentes (ou glycoclusters) comportant à leur surface de multiples acides sialiques 9-O-acétylés (la fameuse variante de sucre révélée par l’équipe de l’UCLouvain) sont capables de bloquer à la fois la fixation et l’infection par le SARS-CoV-2.

Si le virus ne se fixe pas aux cellules, il ne peut pas y pénétrer et meurt (durée de vie de 1 à 5 heures). Cette action bloquante empêche l’infection.

Dans le cadre de la pandémie de COVID-19, les différents vaccins s’attaquent principalement aux mutations du SARS-CoV-2 mais pas au virus dans son ensemble. Cette découverte de l’UCLouvain a l’avantage d’agir sur le virus, indépendamment des mutations.

Un antiviral à base de ces sucres

Quelles sont les prochaines étapes ? L’équipe de l’UCLouvain va réaliser des tests sur des souris afin d’appliquer ce blocage des sites de liaison du virus et observer si cela fonctionne sur l’organisme. Les résultats devraient être disponibles prochainement et conduire à la mise au point d’un antiviral à base de ces sucres, administré par aérosol, en cas d’infection ou de contact à risque.

Cette découverte est également intéressante pour l’avenir, pour contrer d’autres virus ayant des facteurs d’attachement similaires. Le chercheur principal de cette étude, nous explique pourquoi cette découverte est importante dans cette vidéo.

Cette recherche a été publiée dans Nature Communications.

Source : UCLouvain
Crédit photo : Pexels