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De puissants nanocorps neutralisent les variants du SARS-CoV-2

biothechnologie 26 mars 2022

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Des chercheurs du Karolinska Institutet en Suède ont mis au point une nouvelle stratégie pour identifier des anticorps miniatures puissants, appelés nanocorps, contre les variants émergents du SARS-CoV-2. Cette approche a conduit à la découverte de plusieurs nanocorps qui, dans des cultures cellulaires et chez la souris, ont bloqué efficacement l’infection par différents variants du SARS-CoV-2.

Un panel de nanocorps efficace contre plusieurs variants du SARS-CoV-2

« Grâce à des techniques de laboratoire avancées, nous avons pu identifier un panel de nanocorps qui ont neutralisé très efficacement plusieurs variants du SARS-CoV-2 », explique Gerald McInerney, professeur au département de microbiologie, de biologie tumorale et cellulaire (MTC) du Karolinska Institutet, et coauteur principal des deux études.

Malgré le déploiement des vaccins et d’antiviraux, le besoin de thérapeutiques efficaces contre l’infection grave par le COVID-19 reste élevé. Les nanocorps – qui sont des fragments d’anticorps présents naturellement chez les camélidés et pouvant être adaptés à l’homme – sont des candidats thérapeutiques prometteurs car ils offrent plusieurs avantages par rapport aux anticorps classiques.

Par exemple, ils ont des propriétés biochimiques favorables et sont faciles à produire de manière rentable à grande échelle. Dans les études maintenant publiées, les laboratoires de Gerald McInerney et Ben Murrell, également au MTC, identifient plusieurs nanocorps puissants dérivés d’un alpaga immunisé avec des antigènes du SARS-CoV-2.

Le nanocorps Fu2 réduit la charge virale du SARS-CoV-2

Le premier rapport, publié dans Nature Communications, décrit un seul nanocorps, le Fu2, qui réduit considérablement la charge virale du SARS-CoV-2 dans des cultures cellulaires et chez la souris. En utilisant la cryo-microscopie électronique, les chercheurs ont découvert que Fu2 se lie naturellement à deux sites distincts sur la pointe virale, inhibant ainsi la capacité du virus à pénétrer dans la cellule hôte.

Les chercheurs ont ensuite approfondi le répertoire des nanocorps de l’alpaga en combinant une série de techniques de laboratoire avancées et de méthodes de calcul, pour aboutir à une bibliothèque de nanocorps décrits en détail.

Les résultats, présentés dans la revue Science Advances, ont révélé des nanocorps supplémentaires qui, dans des cultures cellulaires et chez la souris, ont neutralisé de manière efficace le variant fondateur et le variant Bêta du SARS-CoV-2 et ont même neutralisé le SARS-CoV-1, plus éloigné.

Un nanocorps contre le variant Omicron

« Ces nanocorps représentent des candidats thérapeutiques prometteurs contre plusieurs variants du SARS-CoV-2 », déclare le premier auteur Leo Hanke, un chercheur postdoctoral qui a mis au point la technologie des nanocorps dans le groupe McInerney.

Les chercheurs appliquent actuellement les mêmes techniques pour identifier les nanocorps de cet ensemble qui sont le mieux à même de neutraliser Omicron, le variant du SARS-CoV-2 qui domine maintenant.

« Une fois établies, ces bibliothèques peuvent être étendues et exploitées pour trouver des nanocorps qui neutralisent les nouveaux variants émergents », explique le professeur adjoint Ben Murrell, également co-auteur principal de ces deux études. La prochaine étape pour l’équipe sera de tester ces nouveaux nanocorps chez l’homme.

Source : Karolinska Institutet
Crédit photo : StockPhotoSecrets