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L’exposition prénatale au bisphénol A associée à un risque accru d’asthme chez les filles

biologie 18 mars 2022

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Une analyse des données de plus de 3 000 paires mère-enfant provenant de six pays européens indique que l’exposition prénatale au bisphénol A peut avoir des effets négatifs sur la santé respiratoire des filles d’âge scolaire. Les bisphénols sont des substances chimiques utilisées dans la fabrication de plastiques et de résines présents dans de nombreux produits de consommation, tels que les boîtes de conserve, les bouteilles réutilisables et les jouets.

Les effets négatifs des bisphénols 

Le plus connu est le bisphénol A (BPA), un perturbateur endocrinien connu, largement utilisé dans la fabrication des récipients alimentaires et des revêtements intérieurs de ces récipients. L’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a inscrit le BPA sur sa liste des substances « très préoccupantes » en 2017. Depuis, certains pays ont limité son utilisation, ce qui a conduit certains fabricants à remplacer le BPA par d’autres bisphénols.

Comme on sait que les bisphénols sont présents dans le lait maternel et qu’ils peuvent traverser la barrière placentaire, l’objectif des auteurs de cette étude était de découvrir si l’exposition prénatale à ces composés chimiques est associée à des problèmes de santé respiratoire plus tard.

Une étude auprès de 3 000 femmes de six pays européens

Les auteurs ont étudié des échantillons d’urine prélevés pendant la grossesse chez plus de 3 000 femmes de six pays européens (Espagne, France, Grèce, Norvège, Pays-Bas et Royaume-Uni) entre 1999 et 2010, ainsi que des données sur la santé respiratoire de leur progéniture recueillies des années plus tard au moyen de questionnaires et de spirométrie.

Les résultats de cette étude ont révélé une association chez les filles entre les concentrations de bisphénol A dans l’urine maternelle pendant la grossesse et un risque accru d’asthme et de respiration sifflante à l’âge scolaire (une concentration de bisphénol A multipliée par deux était liée à un risque accru de 13 % de symptômes respiratoires).

Cette association n’a toutefois pas été observée chez les garçons ni dans le cas des deux autres bisphénols étudiés. Aucune association n’a non plus été observée entre l’exposition prénatale au bisphénol A et la fonction pulmonaire à l’âge scolaire.

Les bisphénols peuvent traverser la barrière placentaire 

« Nos résultats sont en accord avec ceux d’études antérieures, qui ont également rapporté que le bisphénol A a un impact négatif sur la santé respiratoire pendant l’enfance. Nous pensons que cet effet peut être dû au fait que les bisphénols peuvent traverser la barrière placentaire et interférer avec les systèmes respiratoire et immunitaire de l’enfant pendant la phase de développement », explique Alicia Abellán, chercheuse à ISGlobal et premier auteur de cette étude.

À propos des différences observées entre les filles et les garçons, Maribel Casas, chercheuse d’ISGlobal et dernière auteure de cette étude, souligne que « les bisphénols sont des perturbateurs endocriniens et peuvent interférer avec les hormones sexuelles. Comme le suggèrent nos résultats, cela peut donner lieu à des différences dans leurs effets selon le sexe de la personne exposée. »

Cette recherche a été publiée dans Environment International.

Source : Barcelona Institute for Global Health
Crédit photo : iStock