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Un nouveau vaccin candidat contre le COVID-19 accessible à plus de pays

biothechnologie 17 mars 2022

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Si de nombreuses personnes dans les pays riches ont été vaccinées contre le COVID-19, il reste encore des besoins de vaccination dans une grande partie du monde. Un nouveau vaccin développé au MIT et au Beth Israel Deaconess Medical Center pourrait contribuer à ces efforts, en offrant une alternative peu coûteuse, facile à stocker et aussi efficace que les vaccins à ARN.

Ce vaccin a été conçu de manière à pouvoir être produit par des levures, en utilisant des installations de fermentation qui existent déjà dans le monde. Le Serum Institute of India, le plus grand fabricant de vaccins au monde, produit maintenant de grandes quantités de ce vaccin et mène un essai clinique en Afrique.

Optimiser la fabricabilité

Le laboratoire de Christopher Love, en étroite collaboration avec le laboratoire de Dan Barouch au BIDMC, a commencé à travailler sur un vaccin contre le COVID-19 au début de 2020. Leur objectif était de produire un vaccin qui serait non seulement efficace mais aussi facile à fabriquer.

À cette fin, ils se sont concentrés sur les vaccins à sous-unités protéiques, un type de vaccin qui consiste en de petits morceaux de protéines virales. « Dans les régions du monde où le coût reste un problème, les vaccins sous-unitaires peuvent y remédier. Ils pourraient également répondre à certaines réticences concernant les vaccins basés sur des technologies plus récentes », explique M. Love. Un autre avantage des vaccins protéiques sous-unitaires est qu’ils peuvent souvent être stockés sous réfrigération et ne nécessitent pas de températures de stockage ultra-froides comme les vaccins à ARN.

Pour leur vaccin sous-unitaire, les chercheurs ont décidé d’utiliser un petit morceau de la protéine S du SARS-CoV-2, le domaine de liaison au récepteur (RBD). Au début de la pandémie, des études menées sur des animaux ont suggéré que ce fragment de protéine seul ne produirait pas une forte réponse immunitaire. Pour le rendre plus immunogène, l’équipe a donc décidé d’attacher de nombreuses copies de cette protéine sur une particule de type viral.

Ils ont choisi l’antigène de surface de l’hépatite B comme support et ont montré que, lorsqu’elle était recouverte des fragments RBD du SARS-CoV-2, cette particule générait une réponse beaucoup plus forte que la protéine RBD seule.

Les chercheurs voulaient également s’assurer que leur vaccin pourrait être fabriqué facilement et efficacement. De nombreux vaccins à base de sous-unités protéiques sont fabriqués à l’aide de cellules de mammifères, qui peuvent être plus difficiles à travailler. L’équipe du MIT a conçu la protéine RBD de manière à ce qu’elle puisse être produite par la levure Pichia pastoris, qui est relativement facile à cultiver dans un bioréacteur industriel.

Un processus modulaire

Une fois que les chercheurs ont eu leur candidat vaccin prêt, ils l’ont testé dans un petit essai sur des primates non humains. Pour ces études, ils ont combiné ce vaccin avec des adjuvants déjà utilisés dans d’autres vaccins : soit de l’hydroxyde d’aluminium (alum), soit une combinaison d’alum et d’un autre adjuvant appelé CpG.

Pour ce vaccin, les chercheurs ont utilisé un fragment RBD basé sur la séquence de la souche originale du SARS-CoV-2 qui est apparue fin 2019. Ce vaccin a été testé dans un essai clinique de phase 1 en Australie.

Depuis, les chercheurs ont incorporé deux mutations (similaires à celles identifiées dans les variants naturels Delta et Lambda) dont l’équipe avait précédemment constaté qu’elles amélioraient la production et l’immunogénicité par rapport à la séquence ancestrale, pour les essais cliniques de phase 1/2 prévus.

Valider son efficacité 

Si les essais cliniques montrent que ce vaccin constitue une alternative sûre et efficace aux vaccins à ARN, les chercheurs espèrent qu’il pourra non seulement s’avérer utile pour la vaccination des personnes dans les pays qui ont actuellement un accès limité aux vaccins, mais aussi permettre la création de rappels qui offriraient une protection contre une plus grande variété de souches du SARS-CoV-2 ou d’autres coronavirus.

« En principe, cette modularité permet d’envisager de s’adapter à de nouveaux variants ou de fournir un rappel protecteur plus pan-coronavirus », explique M. Love.

Cette recherche a été publiée dans Science Advances.

Source : MIT
Crédit photo : StockPhotoSecrets