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Des bactéries fromagères modifiées aident les plaies chroniques à guérir

biothechnologie 16 mars 2022

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Des bactéries fromagères ont été modifiées pour produire des protéines de réparation de la peau qui favorisent une guérison rapide lorsqu’elles sont appliquées sur des plaies chez la souris. Un essai clinique est maintenant en cours pour voir si elles peuvent aider à guérir les plaies chroniques causées par le diabète.

Guérir les plaies chroniques causées par le diabète

Environ un quart des personnes diabétiques développent des plaies ouvertes appelées ulcères qui ne guérissent pas en raison d’une mauvaise circulation et d’autres complications. Dans les cas graves, la partie du corps affectée – généralement un pied – doit être amputée.

Jere Kurkipuro, de la société finlandaise Aurealis Therapeutics, et ses collègues se sont demandé si la cicatrisation des plaies pouvait être améliorée par l’administration de protéines connues pour leur rôle dans la réparation de la peau. Au lieu d’injecter ces protéines directement dans les plaies, ils ont eu l’idée de créer par génie génétique des bactéries capables de produire en continu ces protéines une fois appliquées sur une plaie.

La bactérie Lactococcus lactis peut produire trois protéines de cicatrisation

Ils ont utilisé la bactérie Lactococcus lactis, qui est utilisée dans la fabrication du fromage et considérée comme très peu susceptible de déclencher des effets indésirables sur la santé humaine. Les chercheurs ont modifié génétiquement cette bactérie pour qu’elle produise trois protéines de cicatrisation de la peau appelées facteur de croissance des fibroblastes 2, interleukine 4 et facteur de stimulation des colonies 1.

À titre d’essai, l’équipe a appliqué ces bactéries sur des plaies d’un centimètre de large chez des souris, imitant des ulcères diabétiques. Après une semaine d’applications quotidiennes, les plaies étaient presque entièrement fermées. En revanche, les plaies traitées avec une substance inactive se refermaient à peine.

L’analyse au microscope a montré que cette bactérie a accéléré la cicatrisation en recrutant des cellules immunitaires, en favorisant la croissance des vaisseaux sanguins et en stimulant l’activité de cellules appelées fibroblastes qui forment le tissu conjonctif. Aucun effet secondaire majeur n’a été observé chez les animaux de cette étude.

Un essai clinique en Allemagne et en Pologne

Kurkipuro et ses collègues testent maintenant cette bactérie génétiquement modifiée sur des personnes souffrant d’ulcères du pied diabétique dans le cadre d’un essai clinique en Allemagne et en Pologne.

Actuellement, la plupart des ulcères du pied diabétique sont traités en éliminant les peaux mortes, en appliquant des pansements et en administrant des antibiotiques. Les nouveaux traitements comprennent l’oxygénothérapie hyperbare, la thérapie par pression négative sur la plaie, la stimulation électrique, les facteurs de croissance et la peau bio-ingéniée, mais ils sont souvent coûteux ou ont une efficacité limitée.

Cette recherche a été publiée dans PLOS ONE.

Source : New Scientist
Crédit photo : StockPhotoSecrets