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Une thérapie de rajeunissement inverse les signes du vieillissement chez la souris

biologie 08 mars 2022

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Des scientifiques du Salk Institute, en collaboration avec Genentech, membre du groupe Roche, ont montré qu’ils pouvaient inverser de manière sûre et efficace le processus de vieillissement chez des souris d’âge moyen en réinitialisant partiellement leurs cellules à des états plus jeunes.

Inverser le processus de vieillissement

« Nous sommes ravis de pouvoir utiliser cette approche tout au long de la vie pour ralentir le vieillissement chez les animaux normaux. Cette technique est à la fois sûre et efficace chez la souris », déclare Juan Carlos Izpisua Belmonte, coauteur et professeur au Gene Expression Laboratory de Salk.

« En plus de s’attaquer aux maladies liées au vieillissement, cette approche pourrait fournir à la communauté biomédicale un nouvel outil pour restaurer la santé des tissus et des organismes en améliorant la fonction et la résilience des cellules dans différentes situations pathologiques, comme les maladies neurodégénératives. »

Lorsque les organismes vieillissent, ce n’est pas seulement leur apparence extérieure et leur santé qui changent ; chaque cellule de leur corps porte une horloge moléculaire qui enregistre le passage du temps. Les cellules isolées de personnes ou d’animaux âgés présentent des caractéristiques chimiques différentes le long de leur ADN, appelées marqueurs épigénétiques, par rapport aux personnes ou aux animaux plus jeunes.

Les « facteurs de Yamanaka »

Les scientifiques savent que l’ajout d’un mélange de quatre molécules de reprogrammation – Oct4, Sox2, Klf4 et cMyc, également connus sous le nom de « facteurs de Yamanaka » – aux cellules peut rétablir ces marques épigénétiques dans leur configuration d’origine. C’est grâce à cette approche que les chercheurs peuvent faire revenir des cellules adultes, sur le plan du développement, en cellules souches.

Dans cette nouvelle étude, Izpisua Belmonte et ses collègues ont testé des variantes de l’approche du rajeunissement cellulaire chez des animaux sains qui vieillissaient. Un groupe de souris a reçu des doses régulières des facteurs de Yamanaka de l’âge de 15 mois à 22 mois, ce qui correspond approximativement à l’âge de 50 à 70 ans chez l’homme.

Un autre groupe a été traité de 12 à 22 mois, soit approximativement de 35 à 70 ans chez l’homme. Et un troisième groupe a été traité pendant un mois seulement, à l’âge de 25 mois, ce qui correspond à l’âge de 80 ans chez l’homme.

Lorsque les chercheurs ont examiné les signes normaux de vieillissement chez les animaux ayant reçu le traitement, ils ont constaté que les souris ressemblaient, à de nombreux égards, à des animaux plus jeunes. Dans les reins et la peau, l’épigénétique des animaux traités ressemblait davantage aux modèles épigénétiques observés chez les animaux plus jeunes.

Des résultats surprenants

Lorsqu’elles étaient blessées, les cellules cutanées des animaux traités avaient une plus grande capacité à proliférer et étaient moins susceptibles de former des cicatrices permanentes – les animaux plus âgés présentent généralement une diminution de la prolifération des cellules cutanées et davantage de cicatrices. En outre, les molécules métaboliques présentes dans le sang des animaux traités ne présentaient pas les changements normaux liés à l’âge.

Cette jeunesse a été observée chez les animaux traités pendant sept ou dix mois avec les facteurs de Yamanaka, mais pas chez les animaux traités pendant un seul mois. De plus, lorsque les animaux traités ont été analysés à mi-chemin de leur traitement, les effets n’étaient pas encore aussi évidents. Cela suggère que le traitement ne se contente pas d’arrêter le vieillissement, mais qu’il le fait reculer activement, bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires pour faire la différence entre les deux.

Mettre au point un mode d’administration de ces facteurs

L’équipe planifie maintenant de futures recherches pour analyser comment des molécules et des gènes spécifiques sont modifiés par un traitement à long terme avec les facteurs de Yamanaka. Elle met également au point de nouveaux modes d’administration de ces facteurs.

Cette recherche a été publiée dans la revue Nature Aging.

Source : Salk Institute
Crédit photo : Unsplash