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Les antibiotiques après la naissance affectent les microbes intestinaux des bébés

biologie 21 février 2022

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Selon une étude, le traitement des bébés par antibiotiques au cours de la première semaine de leur vie est lié à une diminution des bactéries saines, qui sont nécessaires à la digestion du lait, et à une augmentation de la résistance aux antimicrobiens. Selon les experts, les cliniciens devraient envisager d’utiliser les antibiotiques de manière à nuire le moins possible au microbiome du nouveau-né.

Les effets des antibiotiques chez les nouveau-nés

Selon les directives actuelles, des antibiotiques visant un large éventail de bactéries sont actuellement prescrits chez quatre à dix pour cent de tous les nouveau-nés pour des infections suspectes. Cependant, les experts affirment que, dans la plupart des cas, les antibiotiques sont prescrits inutilement, car seule une petite partie des nouveau-nés qui reçoivent ces médicaments se voient finalement diagnostiquer une infection.

Des chercheurs des universités d’Édimbourg et de Birmingham, ainsi que de l’hôpital Spaarne et du centre médical universitaire d’Utrecht, aux Pays-Bas, ont mené un essai clinique sur 227 bébés afin d’analyser l’impact des antibiotiques sur le microbiome des nouveau-nés.

Quelque 147 nourrissons présentant une septicémie suspectée ont reçu l’un des trois traitements aux antibiotiques standard. Leurs résultats ont été comparés à ceux de 80 nourrissons sans infection suspectée et à qui aucun antibiotique n’a été prescrit.

Tous les bébés ont fait l’objet d’un prélèvement rectal ou fécal avant et après le traitement, ainsi qu’à l’âge d’un, quatre et douze mois. Les échantillons ont été analysés pour déterminer les microbes qui composent leur microbiome en formation et les gènes bactériens liés à la résistance aux antimicrobiens.

Une augmentation des bactéries pathogènes

Chez les nouveau-nés à qui l’on avait prescrit des antibiotiques, on a constaté une diminution significative des niveaux de différentes espèces de Bifidobacterium par rapport aux bébés qui n’avaient pas reçu de traitement antibiotique. L’équipe a également constaté une augmentation des bactéries pathogènes et du nombre et de l’abondance des gènes liés à la résistance aux antimicrobiens dans le groupe ayant reçu des antibiotiques.

Un changement dans 251 des 695 bactéries différentes étudiées a été observé après le traitement, modifiant l’équilibre entre les bonnes et les mauvaises bactéries en faveur d’un plus grand nombre de microbes potentiellement dangereux.

Bien que se résorbant progressivement avec le temps, les modifications du microbiome et des gènes de la résistance aux antimicrobiens ont persisté pendant au moins 12 mois et ne se sont pas améliorées avec l’allaitement, qui est connu pour aider le système immunitaire du bébé.

Le professeur Willem van Schaik, professeur de microbiologie et d’infection à l’université de Birmingham, a déclaré : « il est particulièrement troublant de constater qu’après une antibiothérapie chez les nouveau-nés, nous avons observé une forte augmentation des espèces de Klebsiella et d’Enterococcus, qui sont toutes deux d’importants agents pathogènes multirésistants. »

Restaurer la composition du microbiome intestinal du nourrisson

« Cela souligne l’importance de poursuivre les études pour trouver un équilibre entre la nécessité et l’efficacité de ces antibiotiques et le risque d’émergence des gènes liés à la résistance. Il est également possible de développer de nouvelles interventions, comme les biothérapies vivantes – un traitement impliquant des cellules vivantes – pour restaurer la composition du microbiome intestinal du nourrisson après une antibiothérapie. »

Cette recherche a été publiée dans Nature Communications.

Source : University of Edinburgh
Crédit photo : Pixabay