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Un lien entre le microbiote intestinal et l’arthrite

biologie 26 janvier 2022

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Une équipe de recherche internationale a établi un lien entre le microbiote intestinal et les maladies inflammatoires chroniques comme l’arthrite. L’équipe dirigée par Éric Boilard de l’Université Laval a découvert qu’une protéine naturellement présente dans l’intestin agit sur le microbiote et provoque la formation de molécules qui exacerbent les symptômes de ces maladies.

Une protéine présente dans l’intestin

La protéine en question, la phospholipase A2-IIA, a été découverte il y a plusieurs années dans le liquide qui entoure les articulations des personnes atteintes d’arthrite, selon le Dr Boilard, professeur à la Faculté de médecine de l’Université Laval. La protéine a ensuite été détectée ailleurs dans l’organisme, notamment dans l’intestin où elle est produite en abondance.

« Il a fallu beaucoup de temps avant que nous réalisions qu’elle présente une activité antibactérienne », a déclaré le Dr Boilard. « Cette protéine interagit peu avec la membrane des cellules humaines, mais elle a une forte affinité pour les membranes bactériennes. Elle se lie à ces membranes et les scinde, libérant de petites molécules telles que des acides gras. »

Pour étudier l’effet de cette protéine sur le microbiote intestinal, les chercheurs ont utilisé une lignée de souris transgéniques. « Ces souris possèdent le gène humain qui code pour la phospholipase A2-IIA », explique le chercheur. « En vieillissant, elles développent spontanément des manifestations d’inflammation systémique chronique ».

Elle produit des lipides pro-inflammatoires

Les expériences menées sur ces souris ont révélé que la phospholipase modifie le profil des lipides bactériens qui se retrouvent dans l’intestin. « En libérant les acides gras des membranes bactériennes, cette protéine produit des lipides pro-inflammatoires qui exacerbent l’inflammation chronique et augmentent la sévérité des symptômes de l’arthrite chez ces souris », résume le Dr Boilard.

Ces percées pourraient avoir des implications thérapeutiques, dit-il. « Le travail des deux équipes suggère que l’inhibition locale de la phospholipase pourrait atténuer le processus inflammatoire qui exacerbe certaines maladies.

Une nouvelle thérapie potentielle

Ils suggèrent également que le blocage des lipides pro-inflammatoires bactériens produits dans l’intestin par cette protéine pourrait réduire les symptômes chez les personnes atteintes de maladies inflammatoires systémiques. La prochaine étape de notre travail consiste à tester ces idées chez des patients atteints d’arthrite. »

Cette recherche a été publiée dans Journal of Clinical Investigation-Insight.

Source : Université Laval
Crédit photo : Depositphotos