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L’exposition à la lumière affecte le sommeil des jeunes enfants

biologie 26 janvier 2022

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Selon de nouvelles recherches une exposition même minime à la lumière peut faire chuter la mélatonine, une hormone essentielle au sommeil, chez les enfants d’âge préscolaire dans l’heure qui précède le coucher, ce qui peut perturber le sommeil bien après l’extinction de la lumière.

La lumière fait chuter le taux de mélatonine

Cette étude est la dernière d’une série qui examine comment l’horloge biologique centrale des jeunes enfants est unique. Elle suggère que les enfants d’âge préscolaire sont très sensibles aux impacts physiologiques de la lumière la nuit, et certains enfants pourraient même être plus sensibles que d’autres.

« Nos travaux précédents ont montré qu’une seule lumière vive d’intensité assez élevée avant le coucher, réduit les niveaux de mélatonine d’environ 90 % chez les jeunes enfants », a déclaré le premier auteur, Lauren Hartstein, chercheur postdoctoral au laboratoire du sommeil et du développement. « Avec cette étude, nous avons été très surpris de constater une suppression élevée de la mélatonine pour toutes les intensités lumineuses, même faibles. »

Une recherche dans une « grotte »

Pour quantifier leur degré de sensibilité, les chercheurs ont collaboré avec la mathématicienne Cecilia Diniz Behn, pour cette nouvelle étude. Ils ont recruté 36 enfants en bonne santé, âgés de 3 à 5 ans, pour un protocole de neuf jours au cours duquel ils portaient un moniteur au poignet qui suivait leur sommeil et leur exposition à la lumière.

Pendant sept jours, les parents ont imposé aux enfants un horaire de sommeil stable afin de normaliser leur horloge biologique et de leur faire adopter un schéma dans lequel leur taux de mélatonine augmente à peu près à la même heure chaque soir.

Le huitième jour, les chercheurs ont transformé la maison des enfants en ce qu’ils ont décrit de manière ludique comme une « grotte » – avec du plastique noir sur les fenêtres et des lumières tamisées – et ont prélevé des échantillons de salive toutes les demi-heures, du début de l’après-midi jusqu’après le coucher. Cela a permis aux scientifiques d’avoir une idée du moment où la nuit biologique des enfants a commencé naturellement et de leurs niveaux de mélatonine.

Le dernier jour de l’étude, les jeunes sujets ont été invités à jouer à des jeux sur une table lumineuse dans l’heure précédant le coucher, une position similaire à celle d’une personne regardant un téléphone ou une tablette lumineuse. L’intensité lumineuse variait selon les enfants, allant de 5 lux à 5 000 lux. (Un lux correspond à la lumière d’une bougie située à un mètre de distance).

Une diminution de la mélatonine de 70 % à 99 %

Par rapport à la nuit précédente avec une lumière minimale, la mélatonine avait chuté de 70 % à 99 % après l’exposition à la lumière. Étonnamment, les chercheurs n’ont trouvé que peu ou pas de relation entre l’intensité de la lumière et la diminution de l’hormone.

Même en réponse à une lumière mesurée de 5 à 40 lux, ce qui est beaucoup plus faible que la lumière typique d’une pièce, la mélatonine a chuté de 78 % en moyenne. Et même 50 minutes après l’extinction de la lumière, la mélatonine n’a pas augmenté chez la plupart des enfants testés.

« Ensemble, nos résultats indiquent que chez les jeunes enfants, l’exposition à la lumière avant le coucher, même à faible intensité, entraîne une suppression durable de la mélatonine », a déclaré Hartstein.

Ce que les parents peuvent faire

Cela ne signifie pas nécessairement que les parents doivent jeter la veilleuse et laisser les enfants dans le noir absolu avant le coucher. Mais à l’heure où la moitié des enfants utilisent des écrans avant de se coucher, cette étude rappelle à tous les parents qu’il faut éteindre les appareils et réduire la lumière au minimum pour favoriser de bonnes habitudes de sommeil chez leurs enfants. Notamment, une tablette à pleine luminosité tenue à 30 cm des yeux dans une pièce sombre.

Et pour les enfants qui ont déjà des problèmes de sommeil ? « Ils peuvent être plus sensibles à la lumière que les autres enfants », a déclaré Monique LeBourgeois, en précisant que les gènes – ainsi que l’exposition à la lumière pendant la journée – peuvent influencer la sensibilité à la lumière. « Dans ce cas, il est encore plus important pour les parents de faire attention à l’exposition à la lumière du soir de leur enfant. »

Les chercheurs expliquent dans cette vidéo, comme ils ont mené leur étude.

Cette recherche a été publiée dans le Journal of Pineal Research.

Source : University of Colorado at Boulder
Crédit photo : StockPhotoSecrets