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Réduction de l’obésité chez la souris en bloquant une enzyme

biologie 18 janvier 2022

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Selon de nouvelles recherches menées par l’Institut des sciences de la vie de l’Université du Michigan, le fait de bloquer l’activité d’une enzyme à l’intérieur des cellules adipeuses peut réduire l’obésité et les troubles de santé connexes chez le souris.

L’enzyme HDAC6 pourrait réduire l’obésité

Cette étude a porté sur une enzyme appelée histone désacétylase 6 (ou HDAC6) comme moyen de réduire l’obésité en améliorant la capacité du cerveau à détecter l’hormone leptine.

Lorsque l’excès d’énergie s’accumule sous forme de graisse chez les animaux, y compris les souris et les humains, les cellules graisseuses libèrent davantage de leptine dans la circulation du corps. Cette hormone aide à rétablir l’équilibre énergétique du corps en signalant au cerveau de diminuer l’apport calorique et d’augmenter la combustion des calories.

« Lorsque ce rôle de la leptine a été découvert pour la première fois, les gens pensaient que ce serait la solution miracle pour traiter l’obésité », a déclaré Işin Çakir, chercheur sur le métabolisme et auteur principal de cette étude. « Si la leptine peut réduire la prise alimentaire et augmenter la combustion d’énergie, alors plus de leptine devrait aider à réduire l’obésité. Mais cela s’est avéré ne pas être le cas ».

Rendre les souris plus sensibles à la leptine

Le problème est que l’organisme devient insensible à la leptine à mesure que l’obésité augmente – de sorte que même des niveaux accrus de leptine ne modifient pas l’appétit ou la dépense énergétique. Cela vaut aussi bien pour les souris que pour les humains. Çakir et ses collègues ont maintenant identifié un moyen de rendre les souris plus sensibles à la leptine que leur corps produit déjà et, par conséquent, d’induire une perte de poids et d’améliorer la santé métabolique.

Les chercheurs ont traité des souris obèses, soumises à un régime riche en graisses, avec un composé qui inhibe HDAC6. En quelques semaines, le poids corporel des souris a diminué de près de 25 % ; et contrairement à la perte de poids qui se produit souvent en cas de restriction calorique, la diminution du poids provenait presque entièrement du tissu adipeux (diminution de 50 % de la masse graisseuse), avec une faible perte de masse musculaire maigre.

Une meilleure santé métabolique globale

L’équipe a également observé des améliorations significatives de la santé métabolique globale des souris. Elles n’ont pas connu la diminution de la dépense énergétique qui accompagne normalement la réduction de l’apport calorique et ont montré des améliorations de la santé du foie et de la tolérance au glucose, ce qui indique qu’elles étaient moins susceptibles de développer un diabète.

Les souris maigres traitées avec le même composé n’ont pas perdu de masse corporelle, pas plus que les souris obèses qui étaient génétiquement incapables de produire de la leptine. Ces résultats confirment que des niveaux élevés de leptine doivent déjà être présents pour que l’inhibition de HDAC6 réduise l’obésité, et que la modification de l’activité de HDAC6 peut réguler le poids corporel en augmentant la sensibilité à la leptine naturelle.

D’autres recherches sont nécessaires

Bien que ces résultats soient encourageants, Çakir souligne qu’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant de pouvoir les appliquer aux traitements de l’obésité chez l’homme. « Il y a beaucoup de composés qui se sont avérés réduire l’obésité chez les souris mais qui n’ont pas le même effet chez l’homme, ou qui pourraient réduire le poids chez l’homme mais qui ne sont pas sûrs », a-t-il déclaré.

« Évidemment, les questions les plus importantes sont : l’inhibition de HDAC6 va-t-elle avoir le même effet chez l’homme, et sera-t-elle sûre ? Et beaucoup d’autres recherches sont nécessaires avant que nous ayons des réponses à ces questions. »

Les inhibiteurs d’HDAC6 les plus puissants ont le potentiel de provoquer une toxicité lorsqu’une partie de la molécule se décompose dans le corps humain. Cette toxicité pourrait être gérable dans les traitements de certains cancers, par exemple, mais pas dans ceux du diabète ou des troubles de l’obésité.

De meilleurs inhibiteurs d’HDAC6

Pour surmonter cet obstacle, Çakir et ses collègues ont commencé à mettre au point des inhibiteurs d’HDAC6 dépourvus de la partie potentiellement toxique mais présentant toujours la même activité chez les rongeurs.

Cette recherche a été publiée dans Nature Metabolism.

Source : University of Michigan
Crédit photo : Unsplash