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Selon une théorie l’oubli serait une forme d’apprentissage

biologie 17 janvier 2022

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Nous créons d’innombrables souvenirs au cours de notre vie, mais nous en oublions beaucoup. Pourquoi ? Contrairement à l’hypothèse générale selon laquelle les souvenirs s’effacent avec le temps, l’oubli pourrait ne pas être une mauvaise chose – du moins selon les scientifiques qui pensent qu’il pourrait représenter une forme d’apprentissage.

Une nouvelle théorie sur l’oubli

Les scientifiques à l’origine de cette nouvelle théorie suggèrent que les changements dans notre capacité à accéder à des souvenirs spécifiques sont basés sur la rétroaction et la prévisibilité environnementales. Plutôt que d’être un problème, l’oubli pourrait être une caractéristique fonctionnelle du cerveau, lui permettant d’interagir de manière dynamique avec l’environnement.

Dans un monde changeant comme celui dans lequel nous et de nombreux autres organismes vivons, l’oubli de certains souvenirs peut être bénéfique car il peut conduire à un comportement plus flexible et à une meilleure prise de décision. Si les souvenirs ont été acquis dans des circonstances qui ne sont pas totalement pertinentes pour l’environnement actuel, leur oubli peut constituer un changement positif qui améliore notre bien-être.

L’oubli est dû à une altération de l’accès

En fait, les scientifiques pensent que nous apprenons à oublier certains souvenirs tout en conservant ceux qui sont importants. L’oubli se fait bien sûr au prix d’une perte d’informations, mais un nombre croissant de recherches indiquent que, dans certains cas du moins, l’oubli est dû à une altération de l’accès à la mémoire plutôt qu’à une perte de celle-ci.

Le Dr Tomás Ryan l’un des chercheurs qui propose cette théorie de l’oubli a déclaré : les souvenirs sont stockés dans des ensembles de neurones appelés « cellules engrammes » et le rappel réussi de ces souvenirs implique la réactivation de ces ensembles. L’extension logique de ce phénomène est que l’oubli se produit lorsque les cellules engrammes ne peuvent pas être réactivées. Les souvenirs eux-mêmes sont toujours présents, mais si les ensembles spécifiques ne peuvent pas être activés, ils ne peuvent pas être rappelés. »

L’oubli est une forme d’apprentissage

« Notre nouvelle théorie propose que l’oubli soit dû à un remodelage du circuit qui fait passer les cellules de l’engramme d’un état accessible à un état inaccessible. Comme le taux d’oubli est influencé par les conditions environnementales, nous proposons que l’oubli soit en fait une forme d’apprentissage qui modifie l’accessibilité de la mémoire en fonction de l’environnement et de sa prévisibilité. »

« Ce qui est important, c’est que nous pensons que cet « oubli naturel » est réversible dans certaines circonstances, et que dans les états pathologiques – comme chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer – ces mécanismes d’oubli naturel sont détournés, ce qui entraîne une forte réduction de l’accessibilité des cellules engrammes et une perte de mémoire pathologique. »

Cette recherche a été publiée dans Nature Reviews Neuroscience.

Source : Trinity College Dublin
Photo crédit : StockPhotoSecrets