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L’ECT plus efficace que la kétamine dans la dépression sévère

biologie 13 janvier 2022

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Des chercheurs de l’université de Lund, en Suède, ont comparé les effets d’un traitement par kétamine intraveineuse et d’un traitement par ECT (électroconvulsivothérapie) dans la dépression grave. Les résultats soutiennent l’idée que la kétamine est un traitement possible, mais montrent également que le traitement par ECT aide davantage de personnes.

L’ECT versus la Kétamine

Ces dernières années, la kétamine est apparue comme un nouveau traitement de la dépression, après que des études ont montré qu’elle était un antidépresseur à action rapide. « Cependant, ces études étaient toutes de petite taille avec une courte période de suivi, il s’agit donc de la première grande étude clinique randomisée », explique Pouya Movahed Rad, chercheur à l’université de Lund et psychiatre consultant, qui a dirigé cette étude.

Les chercheurs ont examiné l’effet antidépresseur de la kétamine et l’ont comparé à l’ECT, qui est actuellement le traitement privilégié pour les dépressions très graves.

« La kétamine est un médicament contrôlé qui doit être administré sous surveillance, tandis que l’ECT peut provoquer des effets secondaires temporaires sur la mémoire et nécessite des ressources importantes, car le patient doit être anesthésié », explique Pouya Movahed Rad.

Un meilleur rétablissement avec l’ECT

Au total, 63 % des patients du groupe ECT se sont rétablis après le traitement, contre 46 % pour ceux qui ont reçu de la kétamine par voie intraveineuse.

Si l’ECT et la kétamine peuvent tous deux traiter avec succès un patient gravement déprimé, ils ne permettent pas toujours de guérir la maladie sous-jacente, la dépression étant généralement récurrente. Une proportion à peu près aussi importante dans le groupe ECT que dans le groupe kétamine a connu une rechute dans les 12 mois.

« Nous n’avons pas constaté l’effet rapide de la kétamine que d’autres études ont montré. Au contraire, nos résultats indiquent que l’effet est cumulatif et qu’il augmente avec le nombre de traitements. Les personnes âgées ont généralement moins bien répondu à la kétamine, tandis que les personnes plus jeunes ont aussi bien répondu à l’ECT qu’à la kétamine », explique Pouya Movahed Rad.

Six séances de traitement ont été nécessaires pour les deux traitements afin d’obtenir un rétablissement complet. Un plus grand nombre de participants au traitement à la kétamine ont choisi de quitter cette étude, que dans le groupe traité par ECT.

« Le groupe que nous avons étudié s’était vu proposer des ECT, mais environ la moitié d’entre eux était maintenant randomisés pour participer au groupe de kétamine intraveineuse. Cela a pu être important car certains des participants ont choisi d’interrompre prématurément le traitement à la kétamine », explique Pouya Movahed Rad.

L’ECT provoque peu d’effets secondaires

Dans le groupe qui a reçu l’ECT, en revanche, les difficultés de mémoire persistantes étaient un peu plus fréquentes. « Nos résultats suggèrent que la kétamine intraveineuse ne provoque pas d’effets secondaires graves dans ce groupe de patients.

Aucun traitement ne devrait être surutilisé, mais la kétamine devrait être une alternative acceptable pour les patients souffrant de dépression grave. Nous voulons continuer en étudiant les échantillons de sang et les autres données que nous avons recueillies, pour voir si nous pouvons trouver des marqueurs qui nous aident à choisir le bon traitement pour le bon patient », conclut Pouya Movahed Rad.

Cette recherche a été publiée dans International Journal of Neuropsychopharmacology.

Source : Lund University
Crédit photo : Depositphotos