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Une prise de sang détecte les femmes à risque de pré-éclampsie

biologie 06 janvier 2022

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Une étude de l’ARN sanguin de femmes enceintes a permis de découvrir des profils moléculaires spécifiques qui identifient les femmes présentant un risque de pré-éclampsie. Ces informations peuvent permettre d’identifier les complications avant que la femme ne présente des symptômes.

Une détection précoce de pré-éclampsie

Cette étude examine le matériel génétique trouvé dans les échantillons de sang qui peut prédire les complications de la grossesse telles que la pré-éclampsie.

La pré-éclampsie touche jusqu’à une grossesse sur douze et constitue une cause importante de morbidité maternelle. Elle est également à l’origine d’un risque plus élevé de maladies cardiovasculaires. La plupart des cas de pré-éclampsie sont diagnostiqués lorsque la mère présente des symptômes au cours du troisième trimestre. Cette étude pourrait élargir la fenêtre de détection et conduire à une intervention plus rapide.

Le professeur Rachel Tribe, du département de la santé des femmes et des enfants, a déclaré : « je suis ravie de participer à cet important effort de collaboration visant à développer un nouvel outil pour prédire la pré-éclampsie. En utilisant une approche de séquençage de pointe, nous avons pu détecter l’ARN libre des cellules (cfRNA) dans le sang des femmes enceintes. Ceux-ci ont fourni une signature moléculaire qui peut être utilisée pour identifier les femmes à risque de pré-éclampsie.

Un test basé sur 2 500 échantillons de sang 

Les chercheurs ont prélevé 2 500 échantillons de sang dans huit cohortes collectées de manière prospective et comprenant plusieurs ethnies, nationalités, contextes socio-économiques et lieux géographiques.

Ils ont ensuite examiné les profils des cfRNA anonymes – des signaux provenant du fœtus et des tissus de la mère enceinte – qui reflètent le développement du fœtus et le bon déroulement de la grossesse. Ils ont ainsi obtenu une fenêtre non invasive sur la santé de la mère et du fœtus.

Dans cette étude, les chercheurs montrent les signaux cfRNA qui s’écartent de ceux d’une grossesse saine. Un seul échantillon de sang pouvait identifier de manière fiable les femmes risquant de développer une pré-éclampsie des mois avant la présentation de cette maladie.

En utilisant l’apprentissage automatique pour analyser des dizaines de milliers de messages d’ARN provenant de la mère, du bébé et du placenta, la plateforme Mirvie RNA peut identifier 75 % des femmes qui vont développer une pré-éclampsie. Les chercheurs espèrent que ce test pourra être élargi à d’autres complications de la grossesse, comme les naissances prématurées.

Une signature moléculaire très fiable

Le professeur Tribe a ajouté : « comme cette étude s’est appuyée sur des échantillons d’un groupe diversifié de femmes, y compris des participantes recrutées à travers le King’s Health Partners, la signature moléculaire est très fiable et a le potentiel de surpasser les tests actuellement disponibles.

Cette recherche a été publiée dans Nature.

Source : King’s College London
Crédit photo : Depositphotos