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Omicron : de nouvelles preuves de l’évasion immunitaire selon une étude

biologie 19 décembre 2021

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Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Université de Columbia, en collaboration avec des scientifiques de l’Université de Hong Kong, apporte des preuves supplémentaires que le variant Omicron peut échapper à la protection immunitaire conférée par les vaccins et l’infection naturelle et suggère la nécessité de nouveaux vaccins et traitements qui anticipent la façon dont le virus pourrait bientôt évoluer.

Le variant Omicron pourrait menacer l’efficacité des vaccins

Ces résultats, qui ne font pas encore l’objet d’un examen par les pairs, ont été publiés dans bioRxiv par David Ho. Une caractéristique frappante du variant Omicron est le nombre alarmant de modifications apportées à la protéine S du virus, qui pourraient menacer l’efficacité des vaccins et des anticorps thérapeutiques actuels.

Cette nouvelle étude a testé la capacité des anticorps générés par la vaccination à neutraliser le variant Omicron dans des tests de laboratoire opposant les anticorps à des virus vivants et à des pseudovirus construits en laboratoire pour imiter l’Omicron.

Les anticorps des personnes doublement vaccinées avec l’un des quatre vaccins les plus utilisés – Moderna, Pfizer, AstraZeneca, Johnson & Johnson – étaient nettement moins efficaces pour neutraliser ce variant que le virus ancestral. Les anticorps provenant de personnes précédemment infectées étaient encore moins susceptibles de neutraliser le variant Omicron.

Les personnes ayant reçu une injection de rappel de l’un des deux vaccins à ARNm sont probablement mieux protégées, bien que même leurs anticorps aient présenté une activité neutralisante réduite contre le variant Omicron.

Les personnes entièrement vaccinées risquent d’être infectées

« Ces nouveaux résultats suggèrent que les personnes déjà infectées et les personnes entièrement vaccinées risquent d’être infectées par le variant Omicron », déclare Ho. « Même une troisième injection de rappel peut ne pas protéger adéquatement contre l’infection par Omicron, mais il est bien sûr conseillé d’en obtenir une, car vous bénéficierez toujours d’une certaine immunité. »

Ces résultats sont cohérents avec d’autres études de neutralisation, ainsi qu’avec les premières données épidémiologiques de l’Afrique du Sud et du Royaume-Uni, qui montrent que l’efficacité de deux doses des vaccins contre la maladie symptomatique est considérablement réduite contre le variant Omicron.

Lorsqu’ils sont administrés à un stade précoce de l’infection, les anticorps monoclonaux peuvent épargner à de nombreuses personnes le développement d’un COVID grave. Mais cette nouvelle étude suggère que toutes les thérapies actuellement utilisées et la plupart en cours de développement, sont beaucoup moins efficaces contre Omicron, si tant est qu’elles fonctionnent.

La forme la plus complète d’échappement à la neutralisation 

Dans les études de neutralisation avec des anticorps monoclonaux, un seul (Brii198 approuvé en Chine) a conservé une activité notable contre Omicron. Une forme mineure du variant Omicron est complètement résistante à tous les anticorps utilisés en clinique actuellement. Les auteurs notent qu’Omicron est maintenant la forme la plus complète d’échappement à la neutralisation que les scientifiques aient vue.

Dans cette étude, le laboratoire de Ho a également identifié quatre nouvelles mutations de la protéine S dans Omicron qui aident le virus à échapper aux anticorps. Ces informations devraient permettre de concevoir de nouvelles approches pour combattre ce nouveau variant.

Il pourrait devenir complètement résistant aux anticorps actuels

Selon Ho, les scientifiques devront mettre au point des vaccins et des traitements capables de mieux anticiper l’évolution du virus. « Il n’est pas exagéré de penser que le SARS-CoV-2 n’est maintenant qu’à une ou deux mutations d’être complètement résistant aux anticorps actuels, qu’il s’agisse des anticorps monoclonaux utilisés comme traitements ou des anticorps générés par la vaccination ou l’infection par les variants précédents », déclare Ho.

Cette recherche a été publiée dans bioRxiv.

Source : Columbia University Irving Medical center
Crédit photo : StockPhotoSecrets