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Le gingembre contre des maladies auto-immunes

biologie 07 janvier 2021

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Le gingembre est connu pour ses effets anti-inflammatoires et anti-oxydants, ce qui en fait un complément végétal populaire pour traiter des maladies inflammatoires, et selon une étude menée par le Michigan Medicine, le principal composé bioactif de la racine de gingembre, le 6-gingérol, est thérapeutique pour contrer le mécanisme qui alimente certaines maladies auto-immunes chez les souris.

Le 6-gingérol serait thérapeutique

Les chercheurs se sont intéressés plus particulièrement au lupus, une maladie qui attaque le propre système immunitaire de l’organisme, et au syndrome des antiphospholipides qui lui est souvent associé et qui provoque des caillots sanguins, puisque tous deux provoquent une inflammation généralisée et endommagent les organes au fil du temps.
Chez les souris atteintes du syndrome des antiphospholipides ou du lupus, le 6-gingérol a empêché la libération du piège extracellulaire des neutrophiles, qui est déclenchée par les auto-anticorps que ces maladies produisent. « Les pièges extracellulaires des neutrophiles, ou TNE, proviennent des globules blancs appelés neutrophiles », explique l’auteur principal Ramadan Ali « Ces structures collantes en forme de toile d’araignée sont formées lorsque ces auto-anticorps interagissent avec les récepteurs à la surface du neutrophile ».
Selon Ali, ces toiles jouent un rôle important dans la pathogenèse du lupus et du syndrome des antiphospholipides où elles déclenchent la formation d’auto-anticorps et contribuent à la coagulation et à l’endommagement des vaisseaux sanguins.
La question de cette étude était la suivante : « les propriétés anti-inflammatoires du gingembre vont-elles s’étendre aux neutrophiles et, plus précisément, ce médicament naturel peut-il empêcher les neutrophiles de fabriquer des TNE qui contribuent à la progression de la maladie ?

Un composé efficace chez les souris

Cette étude préclinique sur des souris est un « oui » surprenant et passionnant », déclare Ali. Il a découvert qu’après avoir donné du 6-gingérol, les souris présentaient des niveaux plus faibles de TNE. Leur tendance à former des caillots était également considérablement réduite et le 6-gingérol semblait inhiber les enzymes neutrophiles appelées phosphodiestérases, qui à leur tour réduisaient l’activation des neutrophiles.
Mais la découverte la plus surprenante de toutes a été que les souris, qu’elles soient atteintes du syndrome des antiphospholipides ou du lupus, avaient moins d’auto-anticorps suggérant que le cycle inflammatoire, les auto-anticorps stimulant les TNE qui stimulent davantage d’auto-anticorps, était rompu.
Bien que cette étude ait été réalisée sur des modèles de souris, les chercheurs pensent que les données précliniques, montrant que le 6-gingérol a des propriétés anti-neutrophiles qui peuvent protéger contre la progression des maladies auto-immunes, encouragent le développement d’essais cliniques chez l’homme.

Vérifier ses propriétés chez l’homme

Ce composé bioactif ne peut pas être la thérapie principale pour une personne atteinte du syndrome des antiphospholipides actifs ou du lupus, mais l’équipe est intéressée de voir si ce complément naturel peut aider les personnes à haut risque de développement de ces maladies.
« Ceux qui ont des auto-anticorps, mais qui n’ont pas de maladie activée, pourraient bénéficier de ce traitement si le 6-gingérol s’avère être un agent protecteur chez l’homme comme chez la souris », explique Ali.
Cette recherche a été publiée dans JCI Insight.
Source : University of Michigan
Crédit photo : Pixabay