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Un exercice d'endurance à long terme modifie 1000 gènes

biologie 25 juin 2020

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Une nouvelle étude s’est intéressée à examiner comment l’entraînement physique à long terme, pratiqué de façon régulière depuis plus de dix ans, peut influencer l’activité des gènes pour prévenir les maladies métaboliques.

L’entraînement physique à long terme

« Bien qu’il ait été démontré que de courtes périodes d’exercice influencent l’activité des gènes dans nos muscles, c’est la pratique régulière d’un exercice physique tout au long de la vie qui est associée à des bienfaits à long terme pour la santé », explique l’auteur principal de cette nouvelle étude, Mark Chapman.
Cette étude a réalisé une analyse détaillée des changements de transcription génétique accumulés dans les muscles squelettiques de 40 sujets : 18 entraîneurs d’endurance à long terme, 7 entraîneurs de force à long terme et 15 témoins non entraînés adaptés à l’âge.
L’ARN a été séquencé à partir de biopsies des muscles squelettiques, ce qui a permis de suivre l’expression de plus de 20 000 gènes. Les résultats ont révélé que l’entraînement d’endurance à long terme, défini par la course ou le cyclisme, était associé à des changements significatifs dans l’expression d’environ 1 000 gènes.
Ces modifications de l’expression des gènes n’ont pas été observées chez les entraîneurs d’endurance à long terme. En fait, seuls 26 gènes ont été modifiés dans cette cohorte d’haltérophiles. Les chercheurs à l’origine de cette étude ne suggèrent pas que cela indique que l’entraînement de musculation est moins bénéfique sur le plan métabolique que l’entraînement d’endurance, mais plutôt que des exercices tels que l’haltérophilie modifient plus transitoirement l’activité des gènes par des mécanismes liés aux protéines plutôt qu’à l’ARN.
Une autre observation intéressante a révélé des différences significatives dans l’expression génétique de base entre les témoins masculins et féminins non entraînés. Cependant, il est surprenant de constater qu’environ 70 % de ces différences spécifiques au sexe ont disparu lors de l’examen de la cohorte d’endurance à long terme.

Des changements chez les diabétiques 

Puis les chercheurs ont comparé les données recueillies à des recherches antérieures examinant les changements d’activité génétique chez les diabétiques de type 2 après des régimes d’entraînement à court terme de six à douze mois. Les résultats ont suggéré que même un programme d’exercice de courte durée chez des sujets souffrant d’une maladie métabolique préexistante suffisait à modifier le profil génétique de leurs muscles squelettiques pour qu’il ressemble davantage à celui observé chez les entraîneurs d’endurance à long terme.
« Cela suggère que même des programmes d’entraînement de courte durée, de 6 à 12 mois, sont suffisants pour influencer positivement la santé des personnes souffrant de troubles métaboliques », déclare le dernier auteur de cette étude, Carl Johan Sundberg. Cette étude identifie d’importants gènes « sensibles à l’exercice » qui pourraient jouer un rôle dans les maladies métaboliques ».
Cette recherche ajoute une nouvelle pièce essentielle au puzzle de l’amélioration de la santé par l’exercice. Si nous savons que l’exercice est clairement bénéfique pour la santé, les mécanismes physiologiques qui sous-tendent cette association ne sont pas bien compris, et les effets métaboliques à long terme de l’exercice le sont encore moins.
Cette recherche a été publiée dans Cell Reports.
Source : Karolinska Institutet
Crédit photo : Pexels