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Un excès de sommeil lié à un risque accru d'ACV

biologie 13 décembre 2019

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Une nouvelle étude épidémiologique d’une équipe de chercheurs chinois suggère que dormir plus de neuf heures par nuit, et/ou faire de longues siestes à midi, peut augmenter considérablement le risque d’AVC. Cette recherche ne met pas en évidence un lien causal particulier entre l’AVC et l’excès de sommeil, mais elle s’ajoute à un corpus croissant de travaux visant à découvrir les effets nocifs du sommeil excessif sur la santé.

Dormir trop longtemps serait mauvais pour la santé

Cette recherche consistait à analyser les données d’un projet de recherche longitudinal appelé l’étude de cohorte Dongfeng-Tongji. Cette étude suit une cohorte de plus de 30 000 personnes, dont l’âge moyen était de 62 ans au moment de l’inscription, et ce, depuis près de 10 ans.
Cette étude examine la relation entre les habitudes de sommeil et l’incidence de l’AVC. Au cours des six années de suivi, la cohorte a signalé environ 1 500 cas d’AVC. Cette étude a permis d’établir une corrélation raisonnablement frappante entre une longue durée du sommeil et l’augmentation des taux d’accidents vasculaires cérébraux.
Les personnes déclarant des siestes régulières de midi d’une durée de plus de 90 minutes étaient 25 % plus susceptibles de souffrir d’un AVC, comparativement à celles déclarant des siestes quotidiennes de 60 minutes ou moins. Le fait de dormir plus de neuf heures chaque nuit a également entraîné une augmentation de 23 % du risque d’AVC. Cette augmentation de l’incidence des accidents vasculaires cérébraux n’a pas été observée chez les personnes dormant moins de neuf heures par nuit. Il est intéressant de noter que même ceux qui ont déclaré une durée de sommeil nocturne de moins de sept heures ne présentaient pas une incidence plus élevée d’AVC.
La combinaison de longues siestes de midi et d’un sommeil nocturne excessif a entraîné le risque le plus élevé d’AVC, le taux d’AVC étant de 85 % plus élevé chez les personnes qui font de longues siestes que chez celles qui font de courtes siestes et dont le sommeil nocturne est d’une durée moyenne.

Un lien de cause à effet qui n’est pas clair

À ce stade, il n’est pas clair s’il existe un lien de cause à effet entre le sommeil excessif et l’AVC. Les chercheurs sont clairs en soulignant que cette étude n’identifie qu’une association. Xiaomin Zhang, auteur d’une nouvelle étude de la Huazhong University of Science and Technology de Wuhan, en Chine, suggère que si un sommeil excessif peut hypothétiquement avoir des conséquences physiologiques négatives, il est tout aussi raisonnable de considérer ces longues périodes de sommeil comme des symptômes d’autres comportements malsains qui peuvent augmenter le risque d’AVC chez une personne.
« D’autres recherches sont nécessaires pour comprendre comment le fait de faire de longues siestes et de dormir plus longtemps la nuit peut être lié à un risque accru d’AVC, mais des études antérieures ont montré que les personnes qui font de longues siestes et ceux qui dorment de longues nuits avaient des changements défavorables dans leur taux de cholestérol et un tour de taille accru, qui sont deux facteurs de risque d’AVC, dit Zhang. « De plus, une longue sieste et un long sommeil peuvent suggérer un mode de vie inactif, ce qui est aussi lié à un risque accru d’AVC. »
La limite générale de la plupart de ces grandes études épidémiologiques sur le sommeil est qu’elles se fondent principalement sur les données autodéclarées souvent enregistrées à un seul moment dans le temps. La qualité et la durée du sommeil peuvent être incohérentes, de sorte qu’il est certainement difficile d’établir des tendances à long terme à partir d’autodéclarations subjectives.

Certaines tendances se dessinent

Cependant, à mesure que les chercheurs recueillent de plus en plus de données, certaines tendances peuvent se dessiner. Les résultats d’une étude sur le sommeil publiée l’an dernier, qui a suivi plus de 10 000 personnes, ont découvert une corrélation entre les déficits cognitifs et la durée irrégulière du sommeil. Cette étude a révélé que les personnes qui ont déclaré dormir plus de huit heures chaque nuit ont obtenu des résultats aussi médiocres à plusieurs tests cognitifs que celles qui dorment moins de six heures chaque nuit. La durée optimale de sommeil recommandée dans cette étude était de sept à huit heures par nuit.
Il n’est pas déraisonnable de supposer qu’un sommeil excessif n’est qu’un symptôme, et non une cause, d’un état qui pourrait augmenter le risque d’AVC chez une personne. Mais, à tout le moins, ces nouvelles recherches peuvent indiquer que des habitudes de sommeil excessives sont un signe avant-coureur valable d’un risque accru d’AVC chez les adultes d’âge moyen et chez les personnes âgées.
Cette recherche a été publiée dans Neurology.
Source : American Academy of Neurology
Crédit photo : Pixabay